BATI_NRJ

Confort d'été sur l'existant

Moteur
Sinistre climatique, pas conformité
Échéances
aucune
Qui finance
Collectivités · Bailleurs · CEE · Fonds vert
Acteurs
ADEME · Cerema · ACTEE (FNCCR) · Adaptaville · Santé publique France · OQEI

Le sujet

La RE2020 encadre le confort d'été du neuf via l'indicateur DH (degrés-heure d'inconfort). Le parc existant n'a aucune obligation de confort d'été. C'est le vide réglementaire le plus large du secteur, et celui où la demande monte le plus vite.

Conséquence directe : faute d'offre structurée en face, le marché est capté par défaut par les vendeurs de climatisation.

Cadrage chiffré

DonnéeValeurAnnéeSource
Logements au confort d'été jugé « insuffisant »48 % (37 % « moyen », 14 % « bon »)2026Pouget Consultants, sur 16,4 M de DPE 2021-2026
Logements « bouilloires thermiques »≈ 16 millions estimés2026IGNES / Pouget Consultants
Indicateurs « confort d'été » du DPE jugés erronés26 %2026IGNES / Pouget Consultants
DPE sans aucun indicateur de confort d'été5,7 millions, soit 1 sur 3 — et 96 % des DPE de logements collectifs2026IGNES / Pouget Consultants
Logements équipés de climatisation18 à 26 % (fourchette, pas de valeur stabilisée)2026ADEME — BâtiZoom
Jours cumulés de vague de chaleur, été 202527 jours — 2ᵉ rang historique après les 33 jours de 20222025Météo-France / ministère
Été 20253ᵉ été le plus chaud depuis 1900, anomalie +1,9 °C ; 42,3 °C à Angoulême le 11 août2025Météo-France / ministère
Décès attribuables à la chaleur, été 20255 722 (3,4 % de la mortalité totale), dont 959 décès en excès pendant les canicules2025Santé publique France
Passages aux urgences liés à la chaleur, été 2025plus de 20 000, et 13 000 hospitalisations2025Santé publique France

Trois réserves à porter avec ces chiffres. IGNES est le syndicat des fabricants d'équipements électriques : partie prenante du marché de la climatisation et de la ventilation. Le communiqué précise lui-même que les résultats « n'ont pas été redressés et ne sont donc pas représentatifs du parc de logements français » — c'est un signal d'alerte, pas une statistique nationale validée. La série de mortalité mélange deux indicateurs distincts : « décès attribuables » et « décès en excès » ne se comparent pas d'une année sur l'autre sans précaution. Aucun coût moyen national d'une rénovation « confort d'été » n'existe en source institutionnelle. à sourcer

Sur le terrain

Brive Habitat, Brive-la-Gaillarde. Tour HLM de 40 logements des années 1960 : isolation par l'extérieur, remplacement des menuiseries et volets, reprise de la ventilation. Résultat annoncé : −5 °C en canicule (25 °C intérieur contre plus de 30 °C avant travaux), étiquette énergie F → B, pour 1,7 M€ soit environ 40 000 € par logement, sans hausse de loyer. à sourcer — le chiffrage circule par voie de presse et n'a pas pu être recoupé avec un document du bailleur.

Ce qui n'existe pas. Aucun retour d'expérience français réunissant à la fois le nom de l'opération, le coût et un résultat thermique mesuré et publié n'a pu être identifié sur ce segment. C'est en soi un résultat : le confort d'été de l'existant se traite encore sans corpus de preuve partagé. appréciation

Ce qui se débat

La climatisation comme politique publique. Le Rassemblement national porte un plan de climatisation ciblant hôpitaux, EHPAD et écoles au nom de la santé publique, l'Union des droites pour la République une proposition de loi la rendant obligatoire dans les écoles et EHPAD. En face, La France insoumise met l'isolation en premier et Les Écologistes tiennent une position intermédiaire — « ni un tabou, ni une solution à tout » (Marine Tondelier). Argument des opposants : 4,4 Mt de CO₂/an, et un rejet de chaleur qui réchauffe la rue.

Le discours institutionnel anti-climatisation lui-même contesté. La plateforme « Plus frais au travail » (ADEME et négaWatt, juin 2026) classe la climatisation en dernier recours. Le média Les Électrons Libres y voit une posture idéologique déconnectée de l'urgence sanitaire et attaque des comparaisons jugées bancales. Le débat ne porte plus sur la physique mais sur la hiérarchie entre sobriété et protection des personnes.

La fiabilité de l'indicateur DPE. IGNES et Pouget documentent une sous-évaluation des logements ruraux, une sous-pénalisation des centres urbains en îlot de chaleur, et l'absence de prise en compte de la localisation. Une refonte de l'indicateur est visée au 1ᵉʳ janvier 2028 dans la proposition de loi « Zéro logement bouilloire ».

Le blocage parlementaire. Cette proposition de loi transpartisane, déposée le 11 juillet 2025 par plus de 150 députés de 8 groupes, prévoyait d'intégrer la chaleur excessive à la définition de la précarité énergétique, d'afficher l'indicateur confort d'été dans les annonces, et de créer un droit du locataire à demander protections solaires et brasseurs d'air. Elle est bloquée en commission des affaires économiques depuis près d'un an.

Leviers

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Séquence de référence

Protéger → décharger → rafraîchir → adapter. Formulation issue du terrain. La climatisation n'y figure pas : elle reste pertinente là où la physique l'impose, pas par défaut.

Verrous

À creuser

Sources

Poids des familles

Enveloppe et passiflevier principal
Aérauliquelevier principal
Vivant, sol et eaulevier réel
Systèmesappoint
Mesure et pilotagelevier réel
Usages et organisationlevier principal

Lecture. Ces niveaux sont une appréciation de synthèse, pas une donnée mesurée.

Solutions détaillées

Mise à jour : 2026-08-28