Réemploi de matériaux
Ce que ça fait
Réutiliser un produit ou un équipement dans sa fonction d'origine, sans passer par une transformation industrielle — ce qui distingue le réemploi du recyclage. Le gisement est le bâtiment qu'on démolit ou qu'on curette.
Ordres de grandeur
| Donnée | Valeur | Année |
|---|---|---|
| Réemploi mesuré dans la filière REP PMCB | 29,3 kt réemployées sur 10,7 Mt collectées, soit moins de 0,3 % | 2024 |
| Estimation antérieure, tous gisements | moins de 1 % du gisement de déchets du bâtiment | 2021 |
| Objectif de la filière | passer de 1 % à 4 % en 2027 | 2027 |
| Déchets du bâtiment | 46 Mt/an — 49 % démolition, 38 % réhabilitation, 13 % neuf | non daté |
Coût comparé au neuf — étude IFPEB sur 21 familles de matériaux :
| Segment | Écart au neuf |
|---|---|
| Bas de gamme | +13 % |
| Milieu de gamme | −24 % |
| Haut de gamme | −43 % |
Moyenne globale proche du prix du neuf. Le surcoût n'est pas dans le matériau, il est dans le temps de projet et la logistique. C'est le chiffre qui change l'argumentaire commercial du réemploi.
Taux de réemploi atteignables sur une opération et délais supplémentaires : non consolidés. à sourcer
Ce qui a été fait
Maison des Économies Solidaires et Innovantes, Paris 19ᵉ — 81 % de l'approvisionnement en masse issu du réemploi et de la réutilisation, 96 % de valorisation des déchets de chantier dont la moitié en réemploi, empreinte de 360 kg CO₂eq/m². Livrée en 2022.
Le verrou : l'assurabilité
C'est le point de blocage central, et il n'est pas technique.
- Le réemploi n'est pas couvert par les polices d'assurance construction classiques.
- La Commission Prévention Produits (C2P) de l'AQC travaille à le faire reconnaître comme « technique courante ». Ce travail était en cours, non achevé fin 2025.
- Le programme AMBRE, lancé le 7 octobre 2025 pour quatre ans, réunit sept organisations — AQC, CAPEB, FFB, USH, AIMCC, France Assureurs, CSTB — précisément pour lever ce verrou.
- Ordre de grandeur du risque, cité en illustration par l'AQC : deux centrales à béton ayant livré pendant cinq mois du béton pollué par des granulats de récupération ont généré 150 à 200 M€ d'indemnisations. Cas isolé et spectaculaire, à ne pas généraliser comme sinistralité moyenne du réemploi.
Côté concepteur, la jurisprudence fait peser une présomption de responsabilité décennale sur l'architecte, même pour un vice non détectable. L'exonération suppose une acceptation formelle et écrite du risque par le maître d'ouvrage.
Conditions d'efficacité
- Le diagnostic PEMD comme point d'entrée : obligatoire au-delà de 1 000 m² de surface cumulée, il identifie le gisement. Voir Diagnostic PEMD.
- Décider du réemploi en amont du calendrier de chantier, pas en cours de projet.
- Prévoir le stockage intermédiaire : la désynchronisation entre dépose et repose est la contrainte logistique déterminante.
Limites
- L'obligation porte sur le diagnostic, pas sur le réemploi effectif. Le passage à l'acte reste volontaire.
- Filières locales inégales, pas d'annuaire national exploitable des plateformes actives.
à sourcer - La FFB juge le dispositif REP orienté vers le recyclage industriel plutôt que vers le réemploi artisanal.
Sources
- IFPEB — étude sur le coût du réemploi
- AQC — programme AMBRE
- AQC / Novabuild — assurabilité des matériaux de réemploi (novembre 2025)
- Ministère — diagnostic PEMD
- Skov Avocats — responsabilité de l'architecte et réemploi
Mise à jour : 2026-08-28