Protocole caniculaire
Ce que ça fait
Une suite de gestes quotidiens, écrits et attribués à quelqu'un, qui exploitent le bâtiment tel qu'il est pendant une vague de chaleur. Coût d'investissement nul, effet dès le premier jour. C'est chronologiquement le premier levier, avant tout achat et tout travaux.
Le protocole, dans l'ordre
- Fermer les occultations tôt le matin, avant que le soleil ne frappe les vitrages — pas quand il fait déjà chaud à l'intérieur.
- Ouvrir la nuit et au petit matin, quand l'air extérieur est plus frais que l'air intérieur, pour décharger l'inertie.
- Refermer dès que la température extérieure repasse au-dessus de l'intérieure, en général en milieu de matinée.
- Déplacer les activités : les salles exposées à l'ouest en fin de journée, celles sous toiture l'après-midi.
- Décaler les horaires quand c'est possible.
- Réduire les apports internes : éclairage, équipements informatiques en veille, appareils de cuisson.
Ordres de grandeur
Aucun chiffrage national du gain d'un protocole d'usage seul n'a été identifié. à sourcer
Ce qu'on peut dire avec des sources : le débit nécessaire pour que la surventilation nocturne produise un effet est de 5 à 10 volumes/heure, contre 0,25 à 1 en ventilation hygiénique — voir Surventilation nocturne. Et sur le registre voisin de la sobriété de chauffage, les concours CUBE obtiennent 10 à 11 % d'économies sans travaux lourds, jusqu'à 31 % sur l'établissement le plus mobilisé. Ordre de grandeur transposable au principe, pas au chiffre.
Conditions d'efficacité
- Un référent désigné. C'est la condition qui décide de tout. Sans une personne dont c'est explicitement le travail, le protocole s'éteint au deuxième été.
- Des ouvrants manœuvrables. Dans les écoles, ils sont fréquemment bloqués pour raisons de sécurité enfants. À traiter en amont, sinon les points 2 et 3 sont lettre morte.
- De l'inertie. Décharger la nuit suppose qu'il y ait quelque chose à décharger.
- Le protocole doit être écrit, affiché, et rappelé au retour des vacances d'été.
Limites
- Agit sur les conditions, pas sur le bâtiment. Ne remplace pas les protections solaires ni le traitement de la toiture.
- En chaleur extrême prolongée, quand la nuit ne descend plus assez, la décharge nocturne cesse d'être efficace.
- Entre en conflit avec la qualité de l'air intérieur : fermer les ouvrants la journée réduit le renouvellement d'air. Voir Qualité de l'air intérieur.
- Repose entièrement sur du portage humain, donc vulnérable à un changement de personnel.
Sources
- Cerema — écoles et chaleur, agir maintenant
- ACTEE (FNCCR) — projet RACINE
- Adaptaville — free-cooling et surventilation
- Cerema — programmes CUBE
Mise à jour : 2026-08-28